Qu'est-ce qu'une obligation ?
Les obligations font partie des catégories d’actifs les plus connues, avec les actions. Leur spécificité réside dans la relative sécurité qu’elles procurent.
Une obligation est un titre de créance. Il s'agit d'un type de dette émise par une entreprise, une collectivité territoriale ou un État pour se financer. Lorsque vous achetez une obligation, vous prêtez de l'argent à l'émetteur avec la promesse de récupérer votre capital à une date fixe, généralement entre 5 et 30 ans. En plus de cela, l'émetteur s'engage à vous verser des intérêts périodiquement, selon un taux fixe ou variable.
Les obligations peuvent être émises sur un marché obligataire "primaire", où elles sont vendues pour la première fois, ou échangées sur un marché secondaire, où les investisseurs achètent et vendent des obligations déjà existantes.
La différence entre une action et une obligation
Il est important de ne pas confondre une obligation avec une action. Lorsque vous achetez une action, vous devenez actionnaire d'une entreprise, ce qui signifie que vous possédez une part de son capital social. La détention d'actions vous confère deux principaux droits :
- un droit de vote lors des assemblées générales annuelles, proportionnel au nombre d'actions que vous détenez ;
- un droit à percevoir des dividendes, qui représentent une part des bénéfices distribués par l'entreprise.
Comme tout investissement financier, l'achat d'actions comporte des risques de perte en capital. La valeur d'une action, qu'elle soit cotée ou non cotée, varie en fonction des performances de l'entreprise ainsi que de l'offre et de la demande sur les marchés financiers.
Est-ce réellement sans risque d'investir dans des obligations ?
Pour répondre à la question du risque lié à l’acquisition d’obligations, il convient de distinguer deux situations.
Si vous conservez votre obligation jusqu’à son terme.
Le capital et les intérêts sont en principe garantis : l’un des risques encourus est celui de la défaillance de l’organisme émetteur (risque de crédit ou risque de non-paiement). Plus la durée de l’emprunt est longue, plus le risque de non-paiement augmente.
Si ce risque est faible s’agissant des obligations des grands États occidentaux ou des obligations du secteur public, il est en revanche à prendre en considération pour les obligations d’entreprise. Dans le cas d’une faillite d’entreprise, les créanciers obligataires ne sont pas prioritaires pour obtenir le remboursement de leur créance.
Zoom sur les notations à surveiller
Les grandes agences de notation financière (Standard & Poor's, Moody's, Fitch…) évaluent régulièrement la solvabilité de ces entreprises, ce qui permet de se faire une idée sur leur santé.
Plus leur note de solvabilité est élevée, plus ces entreprises pourront emprunter à moindre coût. À l’inverse, celles qui présentent un risque de défaillance plus élevé devront proposer des intérêts plus importants (prime de risque) à travers leurs obligations pour trouver acquéreur.
Zoom sur le risque de l’inflation
L’autre incertitude concerne l’inflation : même si votre capital vous est entièrement remboursé à échéance, vous êtes susceptibles de subir une perte de pouvoir d’achat en raison de l’augmentation de l’inflation sur une même période.
Si vous revendez votre obligation avant terme
Vous serez soumis dans ce cas aux probables fluctuations du marché : le prix de revente pourra être supérieur… ou inférieur au capital investi par l’épargnant, qui pourra, de ce fait, subir une perte en capital.
Le prix du marché au moment où vous déciderez de revendre dépendra notamment de :
- la durée restant à courir jusqu’à l’échéance de l’obligation : plus l’échéance est lointaine plus le risque de variation en capital est important. À l’inverse, si l’échéance est proche, le prix de vente sera susceptible de se rapprocher de la valeur nominale de l‘obligation, car la durée du risque à assumer par l’acquéreur est réduite ;
- la valeur du coupon : une obligation dont les intérêts servis seront de 8 % sera comparativement plus attractive qu’une obligation dont les intérêts servis s’élèveront à 4 % ;
- l’évolution des taux d’intérêt : c'est un risque important, car si les taux d’intérêt montent, la valeur des obligations baisse (perte en capital). À l’inverse, si les taux d’intérêt diminuent, la valeur de l’obligation progresse (gain en capital) ;
- l'évolution de la notation de l’émetteur : si les agences de notation abaissent leur notation, cela aura un impact direct sur la cotation des obligations de l’entreprise concernée, car cela correspond indirectement à une hausse des taux pour cette obligation (prime de risque plus élevée exigée par le marché).
Il vous faudra enfin intégrer dans votre calcul les frais de transaction si vous revendez vos obligations.
Comment acheter des obligations ?
Vous pouvez acquérir des obligations de différentes manière :
- Investir en direct
- Investir via un courtier ou un banquier nécessite un compte-titres.
- L'a démarche peut s'avérer contraignante et nécessiter une mise de départ importante.
- Cela nécessite un portefeuille diversifié pour réduire les risques.
- Les frais d'achat ou de transaction peuvent être élevés.
- Investir avec des ETF (Exchange-traded fund)
- Les ETF (aussi appelés trackers en français) sont des fonds indiciels cotés en bourse.
- Un ETF obligataire réplique un indice de manière passive.
- C'est accessible avec un investissement de départ limité, frais plus faibles et meilleure liquidité.
- Investir dans des Organismes de Placements Collectifs en Valeurs Mobilière obligataires (OPCVM)
- Ils comprennent les Sicav et les fonds communs de placement (FCP).
- La gestion active est confiée à une société de gestion.
- Il y a une grande variété d'OPCVM avec différents niveaux de risques et de performances.
- Les frais plus élevés que les ETF.
- Assurance vie et fonds euros
- Le contrat d'assurance vie inclut un fonds euros garantissant le capital.
- L'assurance vie est alors majoritairement constitué d'obligations d'État, considérées comme sûres.
- La dette française est notée très sûre (AA) par les agences de notation.
L’un et l’autre de ces supports financiers peuvent être choisis dans le cadre fiscal avantageux de l’assurance vie.
Quelle est la fiscalité des obligations ?
Les revenus générés par une obligation sont classés dans la catégorie des revenus mobiliers. En conséquence, ces revenus sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU), également connu sous le nom de flat tax.
Le taux forfaitaire est de 30 %, réparti comme suit : 12,8 % pour l'impôt sur le revenu et 17,2 % pour les prélèvements sociaux.
Vous avez la possibilité de choisir l'application du barème progressif de l'impôt sur le revenu. Cette option s'appliquera alors à l'ensemble de vos revenus mobiliers.
Le jargon des obligations
- Le prix d’émission correspond au prix de l’obligation au moment de son émission.
- Le capital de départ est appelé « valeur nominale ».
- Le cours de l’obligation correspond au prix auquel s’échange l’obligation.
- La durée de la vie d'une obligation correspond à sa maturité.
- Le taux d’intérêt qui vous rémunère est appelé un coupon.
- Le prix de remboursement correspond au remboursement de l’obligation à son échéance.
L'investissement sur les supports en unités de compte supporte un risque de perte en capital puisque leur valeur est sujette à fluctuation à la hausse comme à la baisse dépendant notamment de l'évolution des marchés financiers. L'assureur s'engage sur le nombre d'unités de compte et non sur leur valeur qu'il ne garantit pas.
Source : economie.gouv.fr